"On a peur que la Turquie devienne une autocratie" : à Istanbul, les soutiens du maire emprisonné se préparent à un grand rassemblement

Le parti d'opposition CHP, dont est issu le maire d'Istanbul incarcéré depuis dimanche, appelle à une grande manifestation samedi, malgré les répressions violentes depuis une dizaine de jours.
Article rédigé par Marie-Pierre Vérot
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1min
Des policiers utilisent des gaz lacrymogènes lors d'une manifestation en soutien au maire d'Istanbul emprisonné, le 24 mars 2025. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)
Des policiers utilisent des gaz lacrymogènes lors d'une manifestation en soutien au maire d'Istanbul emprisonné, le 24 mars 2025. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

En Turquie, le CHP, le Parti républicain du peuple, parti d'Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul emprisonné dimanche 23 mars pour des soupçons de corruption, organise un grand rassemblement sur la rive asiatique du Bosphore, samedi. Le mouvement de contestation se poursuit depuis dix jours à Istanbul, mais aussi dans de nombreuses autres villes du pays. Les autorités durcissent la répression et multiplient les arrestations, près de 2 000. Les milieux universitaires, mais aussi la presse, sont particulièrement visés. Mais les opposants au gouvernement ne baissent pas les bras.

Le CHP entend réclamer des élections anticipées et présenter Ekrem Imamoglu comme son candidat à la présidentielle. Il a appelé les jeunes à poursuivre les rassemblements et la population soutient le mouvement avec des concerts de casseroles. Mais les arrestations se multiplient et les étudiants ont peur.

Vendredi, des anciens de l'université franco-turque de Galatasaray, à Istanbul, sont venus apporter leur soutien, comme Esra. "Je vais leur dire qu'on ne doit pas perdre notre motivation et qu'ils ne doivent pas avoir peur, ils ne sont pas seuls, assure-t-elle. Les arrestations sont de plus en plus nombreuses. On a peur que la Turquie devienne une autocratie." 

"La violence de la police devient de plus en plus forte, mais on ne va pas s'arrêter."

Esra

à franceinfo

Le Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk s’émeut : "Alors que le monde entier, écrit-il, est occupé par les guerres Palestine-Israël et Ukraine-Russie et par Trump, la démocratie déjà limitée en Turquie est également en train de mourir..."

Cet autre ancien de l’université, qui préfère ne pas donner son nom, ira au meeting lui aussi pour "soutenir notre maire, Ekrem Imamoglu est notre dernière chance de retrouver un pays séculaire et de donner un avenir au peuple turc". Le CHP se sait dans le viseur du pouvoir. Samedi, il entend bien faire une nouvelle démonstration de force.

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